
“Les canidés ont des
capacités olfactives qui leurs permettent d’avoir
d’incroyables facultés”.
En 2001, ma vie a
basculé suite à un accident professionnel grave. C’est à
partir de ce jour-là que j’ai eu plusieurs séquelles
dont une sorte d’épilepsie que la médecine actuelle ne
permet pas de soigner.
Lors d’une de ces fameuses
crises en 2004, je me retrouve dans un parc public sous une
température de -5, seul, sans
pouvoir appeler au secours. J’aurais pu mourir sans qu’âme
qui vive ne me vienne en aide. Je précise qu’en ce
temps-là, les crises survenaient sans que je puisse me mettre
à l’abri pour me protéger. A la suite de cet épisode,
j’ai décidé que je ne pouvais pas continuer comme ça. Dès
mon rétablissement, j’ai fait de longues recherches
afin de trouver ce qui existait comme aide. Je suis tombé sur
différents articles étrangers concernant des chiens
qui étaient capables d’aider des personnes dans ma
situation. Après m’être renseigné, j’ai appris
qu’il était malheureusement impossible d’avoir un chien
formé ici (en Suisse), alors que faire ? Je ne pouvais
de toute façon pas continuer ainsi. J’ai donc décidé
d’essayer de former un chien avec l’aide de personnes
compétentes.
Mon objectif, en ce temps-là,
c’était qu’il puisse aller chercher de l’aide. Pour ce
qui est de la détection des phéromones spécifiques
produites par le corps au moment des crises, je n’y croyais
pas vraiment ! Ma réflexion s’est donc portée sur
le choix de la race. Pourquoi le berger des Pyrénées ?
Simplement parce qu’il correspond à ma personnalité.
Le but était également de retrouver certaines activités, grâce
à mon chien.
Après plusieurs conseils
avertis, mon choix s’est porté sur un chiot berger des Pyrénées
nommé Ayko Bleu des Drayères. Il a commencé la
socialisation à 9 semaines, tout en appliquant les conseils
des personnes qui forment les chiens d’assistance.
Lors des premières semaines de sa nouvelle vie, il a été
confronté à mes nombreuses convulsions. Il se mettait
contre moi tout agité et il attendait. Même un chien, un vélo
ou un stimuli extérieur ne l’intéressaient
plus dans ces moments-là. Il y a eu les cours, un énorme
travail d’éducation à faire, tout en respectant
chaque étape de l’âge du chien, son repos, ses facultés
de concentration…
Puis il a commencé à me
suivre dans toutes mes activités malgré son jeune âge. Les
personnes ont dû apprendre qu’en état de crises,
Ayko ne devait en aucun cas m’être retiré. Quant à lui,
il a dû apprendre à me laisser approcher et soigner
par des personnes inconnues dans un stress important.
DETECTION DES
CRISES:
Vers 6 mois, il a commencé
à montrer des changements de comportement avant les crises.
Il ne voulait pas
obéir hors de chez nous par
exemple. Une certaine opposition est apparue entre nous car je
n’étais pas apte àcomprendre ces signaux sur le moment.
C’était toujours après que je réalisais…
Un jour à 7 mois, mon chien
a commencé à faire le loup dans la voiture. On s’est donc
arrêté et un momentaprès j’étais parti dans mon monde.
Plus tard, j’ai eu une très
grosse crise, je suis tombé dans un petit ravin. Il a dû gérer
mon état, aller vers mafemme quand elle l’a appelé puis
revenir vers moi. Il a dû faire face à la police, les
pompiers et l’hélicoptère.
Suite aux nombreuses
interventions d’Ayko, nous avons pu mesurer l’importance
qu’il prenait dans la gestion demon handicap.
Lorsqu’il a eu 15 mois,
j’ai reçu une attestation de la part des médecins comme
“chien d’assistance neurologique”et j’ai pu emmener
mon chien partout.
J’ai dû apprendre aussi
à l’écouter et à accepter de m’arrêter malgré
l’envie de continuer mes activités. Je ne l’ai pas
toujours fait, ce qui a eu des conséquences pour lui et pour
moi ! Maintenant à son signal je m’arrête, ce qui
permet d’espacer les crises et de me mettre en sécurité ou
encore de les éviter par le repos.
Depuis que j’ai adopté et
éduqué mon berger des Pyrénées, j’ai repris confiance en
moi et j’ai gagné en autonomie. Avec ma femme, nous
pouvons gérer à trois mes crises avec beaucoup moins de
risques. Les personnes présentes lors de crises en
sortent moins choquées également grâce à lui. La phrase
habituelle d’avant “Tu dois vraiment te
reposer, je suis vraiment triste pour toi” a évolué en
“il est remarquable ce chien, ça va mieux Steve
?”. Ce qui fait du bien à tous !
ET FAYA ?
Lors de l’été 2006, je
me décide à chercher une femelle berger des Pyrénées. Les
raisons ont été multiples. La passion pour la race,
ma crainte de me retrouver un jour sans chien (Ayko a failli
se faire renverser par une voiture lors d’une de mes
crises), de pouvoir donner du repos à mon chien lorsque
c’est nécessaire…
Après de nombreuses
recherches, Faya du Val du Vent Doré a rejoint notre famille,
après avoir eu une très bonne pré-socialisation de
la part de son éleveuse.
J’ai commencé tout de
suite sa formation. Très rapidement, elle a appris par
imitation les ordres de base que l’on peut demander
à un jeune chien. Elle a également commencé très tôt l’éducation
en club et elle a suivi Ayko dans mes déplacements et
mes activités.
Jusqu’à l’age de 5
mois, elle ne réagissait pas à mes changements d’état,
par contre elle imitait les réactions d’Ayko lors de
convulsions. Elle apprend
actuellement à gérer mes crises dans un contexte stressant,
également seule. Je continues et finis sa formation sans brûler
les étapes avec le plaisir d’avoir une chienne réceptive.
Et elle apprend très vite ce qu’on lui demande.
Elle m'a déjà prouvé
que je pouvais aussi compter sur elle. Je suis au stade où
j'apprends à lui faire confiance (en laissant parfois Ayko
et sa sécurité) pour la prendre vers moi quant je
suis moins bien.
Bien qu'elle ne sait pas
lire aussi vite un changement d'état que mon mâle, elle
fait ce qu'il faut quelques instants avant, si je sais
l'observer et lire ces changements de comportement.
Le plus dur pour moi
actuellement est d'essayer de ne pas oublier la différence
entre mes deux chiens:
Ayko me conteste jusqu'à
ce que je me pose. Faya, du fait de son caractère (et de la
présence qu'Ayko a toujours eu), accepte de faire ce
que je lui demande si je suis pas bien, et celà aussi si je ne veux pas
lire son alerte et que c'est contraire à ce que je
dois...Ce qui fait que parfois il y a des conséquences pour
moi!
MON INDEPENDANCE ET UNE
VIE NORMALE:
Depuis que j’ai mes chiens
qui s’occupent de moi, j’ai pu redevenir indépendant sans
avoir peur qu’il m’arrive quelque chose. Les
interventions de la part d’Ayko et la présence de Faya, me
permettent d’avoir une vie presque normale.